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Concert Poilu (sur instruments d’infortune)

le Mercredi 29 octobre 2014 à 16 h 13 min - Par webmaster

Le vendredi 14 novembre à l’amphithéâtre de la Cité de la Musique (à la Villette, Porte de Pantin, à Paris 19ème) à 20h.
Le dimanche 23 novembre au Hall de la chanson – centre national du patrimoine de la chanson (à la Villette, derrière la Grande Halle, Porte de Pantin, Paris 19ème) à 16h30.

N’oubliez pas d’amener vos élèves (8€/élève, accompagnateurs invités gratuitement à raison d’un pour 10 élèves) à la représentation exceptionnelle de Parade Fauve – chansons de la Grande Guerre le jeudi 20 novembre à 14h30 au Hall de la chanson.

(Notez aussi la représentation de Parade Fauve du vendredi 21 nov à 20h avec tarif préférentiel pour les enseignants (15€ au lieu de 22€).
 


CONCERT POILU (sur instruments d’infortune)

Spectacle de Serge Hureau et Olivier Hussenet
(pour Le Hall de la chanson) arrangeant et mettant en scène 28 chansons, certaines connues d’autres très rares, arrangées par Cyrille Lehn, François Marillier, Lionel Privat et Fabien Touchard. Instruments fabriqués par Saïd Hidjeb (pour Le Hall de la chanson), à l’exception des percussions fabriquées par François Marillier, et du violoncelle gracieusement prêté par Emmanuelle Bertrand (reconstruit sur le modèle du « poilu » de M. Maréchal), scénographie et lumières de Jean Grison, costumes d’Anne Leray et Antonin Boyot-Gellibert.

Petit orchestre composé de 7 grands élèves du Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris (rejoint par une élève du conservatoire du Xe arrondissement) : Elsa Moatti (violon), Vincent Kappes, (guitare), Clément Peigné (violoncelle), Camille Martin (contrebasse), Vincent Gailly (accordéon), Guillaume Platero (trompette), Tom Caudelle ou Marius Bergeon (tuba), Rubens Lopes (percussions) qui jouent sur des instruments reconstitués selon les principes des instruments que se fabriquaient les soldats durant la Première Guerre mondiale à partir d’objets récupérés.

Deux chanteurs-comédiens se partagent ce copieux programme : Yannick Morzelle (grand élève au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique de Paris) et Olivier Hussenet (pour Le Hall de la chanson).

Création du Hall de la chanson, en partenariat avec la Cité de la Musique et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. (Un grand merci à Marie Linden, cheffe du Service de l’Apprentissage de la scène et à Fanny Vantomme).



 
Ultime création du Hall de la chanson – centre national du patrimoine de la chanson, sur les répertoires de chansons durant le premier conflit mondial, Concert poilu opère en quelque sorte une synthèse des trois autres spectacles (Parade Fauve, créé lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois avec de nombreux soutiens institutionnels / Chansons Tranchées, projet de chorales de 450 collégiens de toute l’Académie de Paris mené avec une vingtaine de professeur-e-s d’Éducation Musicale de l’académie / et Fleur au Fusil, créé dans le cadre des Concerts d’Inédits de la Bibliothèque nationale de France avec 7 grands élèves du Conservatoire national supérieur d’Art Dramatique de Paris).

Il est frappant, même si c’est une évidence, lorsqu’on aborde les répertoires de chansons de la période de la Grande Guerre, que tous et toutes étaient concernés par la guerre, conscrits, soldats de métier et civils, hommes, femmes et enfants, personnes de tous les âges. Les artistes interprètes de chansons ne firent bien sûr pas exception : la très célèbre Eugénie Buffet et le très populaire Théodore Botrel se produiront durant toute la guerre devant et pour les Poilus, les comiques troupiers Polin et Bach (créateurs de Quand Madelon) feront de nombreuses tournées à l’arrière du front, mais le chanteur Denalair par exemple, qui chantait Le petit Mécano (reprise dans Concert Poilu) était infirmier à l’Hôpital des Récollets à Paris durant la guerre…

Tout le monde est impliqué, artistes compris, sans exception. Aussi les arts sont-ils partie prenante pendant ce conflit mondial, autant par leur participation active que dans la productions d’œuvres enregistrant les faits, les mentalités, témoignant de la Guerre et de ses conséquences.

Cela donne à l’enseignant-e deux axes pédagogiques intéressants :

- L’étude des rapports entre arts et guerre (comment les arts sont lié au conflit, comment ils participent éventuellement  à l’effort de guerre, quelles actions les arts mènent dans le cadre de ce conflit).

- L’étude de la Grande Guerre à travers les documents que représentent les œuvres d’art (que ce soient des chansons, des dessins, des tableaux, des pièces instrumentales, des photographies, des textes littéraires, des spectacles…).

Concert poilu présente donc un intérêt pédagogique plus d’un titre, pour les classes de 1ère, de 3ème mais aussi de CM2 (où la Violence du XXe siècle est abordée dans les programmes par les 2 conflits mondiaux) :

Pour la discipline Histoire, le répertoire des 28 chansons donne un accès direct à l’histoire des mentalités et des sentiments : esprit revanchard, haine de l’ennemi, deuils, doutes, espoir, attente… Certaines chansons sont directement écrites par les soldats (comme Vivent les Carpintiers d’la victoire, d’un réfugié de Lille en patois de sa région ; Ma Mitrailleuse, écrite par un soldat du 99ème régiment d’infanterie ; la Chanson d’une jeune sentinelle allemande (Lied eines jungen Wachtpostens), écrite par Hans Leip et qui deviendra Lili Marleen 25 ans plus tard ; Hanging on the Old Barbed Wire, détournement anonyme de l’hymne des Grenadiers britanniques ; Les Trains fleuris du sergent d’infanterie Farjas ; ou Petite Chanson de Boche, du lieutenant Peytel…), d’autres par des auteurs et/ou compositeurs patentés de chansons (Vincent Scotto pour le Cri du Poilu, Théodore Botrel pour Ma p’tite Mimi ou Rosalie, René de Buxeuil avec sa Berceuse grave ou La Prière des ruines…) ou d’arts voisins (Apollinaire pour la poésie, Claude Debussy pour la musique dite « savante »), ou par des auteurs et/ou compositeurs beaucoup moins (re)connus… Mais cet ensemble rend bien compte de la constellation des perceptions, mentalités et attitudes pendant cette Première Guerre mondiale en lien avec le front franco-allemand.

Pour la discipline Français, plusieurs éléments peuvent être repérés et étudié à travers les textes (poèmes maîtrisés ou paroles maladroites) :

  • Les champs lexicaux de la joie (en 1914, on part souvent « la fleur au fusil » : Les trains fleuris, ), du réconfort et de l’encouragement (Soyez vaillantes, femmes de France, Les Gaulois et les Francs ou Quand Madelon, ou encore Tu le r’verras Paname !…), du sacrifice (La Bague du Poilu, Le petit mécano, Berceuse grave ou encore une fois Soyez vaillantes…).
  • L’ironie ou la caricature qui traversent certaines chansons (Petite chanson de Boche, Hanging on the Old Barbed Wire, Guillaume s’en va-t-en guerre sur l’air de Malbrough, par exemple).
  • Les figures de style employées de façon récurrentes : les métaphores animalières (Dans Verdun on ne passe pas !, l’ennemi est un aigle noir, une cohorte de corbeaux, une meute de loups, tandis que la France et son armée est un coq aux aguets, courageux et sûr de lui. Dans La Garde de nuit à l’Yser, « les canons rugissent », « l’angoisse se dompte », « le soldat furète », « quelques gothas passent […] voraces »…) notamment, l’allégorie (de la mort par exemple, dans cette même Garde de nuit à l’Yser) ou la personnification (de l’arme comme une belle fiancée, dans Rosalie ou Ma p’tite Mimi ou Ma Mitrailleuse)…
  • Le discours argumentatif est aussi parfois à l’œuvre (Préparons-nous).

Pour les disciplines Langues Vivantes, une chanson en allemand (Lied eines jungen Wachtpostens, littéraire mais simple) et une en anglais (Hanging on the Old Barbed Wire, très simple) sont chantées, elles peuvent être étudiées et contextualisées en cours.

Évidemment, la discipline Éducation musicale est très concernée par ce Concert Poilu, à plus d’un titre :

  • Tout d’abord, les instruments du petit ensemble (violon, violoncelle, contrebasse, accordéon, saxhorn, trompette, percussions) sont au centre de ce projet ! Le Hall de la chanson a chargé son régisseur de faire un travail minutieux de reconstitution, de reconstruction d’instruments fabriqués par les Poilus (les simples soldats de la Première Guerre mondiale) à partir de matériaux de récupération : violon dans une boîte à cigares ou une gourde métallique, violoncelle sculpté dans une grosse branche d’arbre, une petite guitare dans un casque endommagé… En outre, la violoncelliste Emmanuelle Bertrand a aimablement prêté l’instrument qu’elle avait fait reproduire à partir du « poilu », le violoncelle fabriqué par M. Maréchal, violoncelliste qui a fait la Grande Guerre. Les timbres de ces instruments non-normés sont étranges, beaux et fragiles à la fois, ils racontent la précarité de la vie au front, et la lutte pour continuer à rêver, à chanter, à vivre alors qu’on est plongé dans un univers où la mort est omniprésente.
  • Les interprètes instrumentistes sont encore élèves, quoique plus âgés que les élèves de collèges et lycées (mais pas de beaucoup : entre 19 et 22 ans), et sont d’excellents musiciens encore en formation au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Cette proximité d’âge permet rencontre, projection et phénomènes d’identification propres à éveiller l’intérêt des collégiens et lycées pour le métier et l’art du musicien. L’un des deux chanteurs est également grand élève, au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris cette fois, et à une vingtaine d’années.
  • La notion de style (élevé / bas, mais aussi la typologie : marches, romances, valse lente…) peut être abordée, la notion d’arrangement (le travail des 4 arrangeurs est remarquable par sa précision, et sa diversité d’approche de la dramaturgie de chaque œuvre, et de l’orchestration avec ce petit ensemble).
  • La question de la voix peut-être à l’occasion de ce Concert Poilu. Les deux chanteurs (s’il ont aussi touché à l’art lyrique) sont des comédiens qui chantent, ils utilisent leur voix en acteurs pour interpréter ces œuvres de chansons populaires. Loin des normes du bel canto, cet art d’interpréter pleinement les chansons (en permettant notamment une grande intelligibilité du texte et des enjeux dramaturgiques) en usant de la variété de leur palette vocale et de leur art du jeu est assez rare pour être remarqué.

Les Arts plastiques ne sont pas oubliés, car les costumes et le fond de décor se réfèrent très précisément aux peintres cubistes qui ont constitué la Section de Camouflage décidée par le Ministère de la Guerre en 1915, et qui ont inventé le principe et les motifs du camouflage. Le travail d’Anne Leray assistée d’Antonin Boyot-Gellibert est très inspiré des tableaux ou carnets des cubistes (Picasso, Braque, André Mare…) datant de la Grande Guerre, moment où ils inventent le camouflage. Les thématiques de camouflage, de morcellement de la figure, d’abstraction dans la figuration, d’emprunt à des matériaux divers, etc. traversent ce travail.

Enfin, par le croisement des thématiques historiques, littéraires, musicales et plastiques, l’enseignement d’Histoire des Arts est parfaitement concerné par ce Concert Poilu, qui suit chronologiquement le déroulement de la guerre, et montre ainsi évolutions et mouvements dialectiques intellectuels et esthétiques.

Un dossier pédagogique sur 7 chansons a été réalisé par l’équipe du Hall de la chanson, à l’occasion de l’opération « Chansons Tranchées » avec l’Académie de Paris.

Un feuilleton sur les chansons de la Première Guerre mondiale a été réalisé par La Croix (Jean-Yves Dana) en partenariat avec Le Hall de la chanson cet été.

Retrouvez l’actualité du Hall de la chanson sur « www.lehall.com »